Montreal, 13 mars 2026 – Un conducteur de bus anonyme de la STM a enfin brisé le silence, et ce qu’il décrit n’est pas simplement « une mauvaise journée au travail ». C’est un cauchemar quotidien qui s’aggrave depuis des années – et personne au sommet ne semble s’en soucier. Dans une interview choc avec Le Journal de Montréal, le chauffeur vétéran (sous le pseudonyme Martin) raconte tout : les passagers crachent sur les conducteurs, diffusent des appels téléphoniques et des vidéos à plein volume derrière le volant, frappent le plexiglas de protection et transforment les bus en zones de chaos, surtout sur les lignes scolaires. « C’est notre quotidien, » affirme‑t‑il.

« Quand on a une journée où rien ne se passe, on se dit : « Oui ! On a survécu à celle‑ci. » »

Il détaille les pires contrevenants : des gens qui bavardent à tue‑tête sur leurs téléphones depuis les places réservées aux personnes à mobilité réduite. D’autres augmentent le volume de leur musique ou forcent tout le monde à écouter leurs TikTok et leurs séries Netflix – ignorant les panneaux qui indiquent clairement « casque obligatoire ». Les barrières en plexiglas, installées pendant la COVID, reçoivent maintenant des coups de poing de passagers en colère.

Et sur certaines lignes proches des écoles publiques ? Un vrai carnage – des enfants lancent des boules de neige à l’intérieur du bus, se bousculent pour éviter le tarif, des élèves plus âgés harcèlent les plus jeunes tandis que le personnel scolaire les laisse faire avec un sarcastique « bonne chance ». « Cela empire depuis au moins cinq ans, » ajoute Martin. « Ce n’est pas seulement la faute de la COVID – les gens sont plus individualistes, enfermés dans leur bulle, et cela nous empêche de conduire en toute sécurité. » Il privilégie même les lignes privées plus calmes pour éviter le drame.

La STM n’a pas daigné répondre à la demande de commentaire du journal. Surprise, surprise. Mais voici la partie qui devrait mettre hors de soi chaque usager : alors que cette incivilité se répand et que les conducteurs vivent dans la peur, la STM et son organisme de tutelle, l’ARTM, continuent d’augmenter les tarifs année après année pour le même service défaillant.

En juillet 2025, les abonnements mensuels en zone A (l’île de Montréal) sont passés de 100 $ à 104,50 $ – soit une hausse effective d’environ 4‑5 % dans certains cas. Une augmentation moyenne de 3 % est déjà prévue pour juillet 2026. Les tickets unitaires restent à 3,75 $ pour l’instant, mais tout le reste grimpe tandis que la fiabilité du service s’effondre, les bus deviennent dangereux et le respect de base disparaît. Ce n’est pas une « indexation » ou une « réalité économique » : c’est facturer davantage pour le même merdier : des bus surpeuplés, peu fiables, où les conducteurs sont traités comme des sacs de frappe et les passagers se croient propriétaires du véhicule.

Le budget 2026 de la STM parle de « réductions de coûts » et de « maintien des niveaux de service », mais la réalité sur le terrain – telle que ce conducteur courageux l’a exposée – montre le contraire. Personne ne répare la situation. Ni les dirigeants de la STM qui se cachent derrière un « pas de commentaire », ni les politiciens qui aiment les séances photo sans jamais emprunter ces lignes.

Et certainement pas les usagers prétentieux qui pensent que crier au téléphone à plein volume ou cracher est un droit divin. Ce comportement ne doit être toléré nulle part – encore moins dans une ville qui dépend du transport en commun. Le message est clair : la STM continuera d’augmenter les tarifs chaque Nouvel An comme une horloge, en livrant le même service en déclin et aucune responsabilité face au chaos.

Les usagers sont censés encaisser et payer plus pour être méprisés. Si vous en avez assez d’être escroqué par un système qui se fiche des personnes qui l’utilisent réellement, vous n’êtes pas seul. Le conducteur qui a parlé a appelé un chat un chat.

Nous devons tous exiger la même chose : une vraie application des règles contre l’incivilité, des améliorations concrètes du service, et la fin du gouffre tarifaire sans fin. Jusqu’à ce que cela se produise, c’est la même vieille histoire du plus grand réseau de transport du Québec : payer plus, recevoir moins, et subir le manque de respect. Rien ne change.

Et c’est exactement le problème.