L’industrie du transport routier au Québec est pleine de contradictions. Prenons Transwest, par exemple : une entreprise qui possède plus de 50 camions, ses propres remorques et qui utilise des camions Peterbilt, mais qui peine à recruter des conducteurs qualifiés. Sur le papier, cela devrait être une affaire florissante. En réalité, cela met en lumière les défaillances systémiques de la culture d’entreprise québécoise.

Transwest et des sociétés similaires privilégient souvent les équipes de couples âgés pour les trajets locaux plutôt que d’embaucher de nouveaux conducteurs qualifiés. Pendant ce temps, plus de 50 de leurs camions restent inutilisés, capital en décomposition qui pourrait facilement employer des professionnels formés, fraîchement sortis de programmes comme le CFTR — un programme financé par le gouvernement destiné à préparer les conducteurs à l’industrie. Mais le système d’assurance du Québec et la culture d’entreprise semblent réticents à faire confiance aux talents locaux.

Ce n’est pas seulement Transwest — c’est le symptôme d’un problème plus vaste. De nombreuses entreprises québécoises fonctionnent davantage comme des coquilles bureaucratiques que comme de véritables affaires. Elles achètent de nouveaux camions, dépensent des milliers en équipements, puis les laissent inactifs parce qu’elles refusent d’accepter des conducteurs qualifiés.

Au lieu d’élargir les carrières, de soutenir les locaux compétents ou de bâtir une vraie main‑d’œuvre, elles s’accrochent à des pratiques et des excuses dépassées.

Le système éducatif et de formation du Québec produit des conducteurs compétents, mais des entreprises comme Transwest les ignorent, invoquant un « manque d’expérience » ou d’autres obstacles. Les compagnies d’assurance refusent également de reconnaître pleinement la légitimité des programmes de formation locaux, décourageant davantage les nouveaux venus.

Le résultat ? Une industrie du transport qui devrait être en plein essor est freinée par des politiques obsolètes, un manque de vision et une culture qui privilégie les apparences au rendement. Des conducteurs québécois qualifiés veulent démarrer leur carrière, mais ils se heurtent à des entreprises qui font de vaines promesses tout en laissant des ressources inutilisées.

La difficulté de Transwest à recruter de nouveaux conducteurs illustre la culture d’entreprise plus large du Québec : bureaucratique, hésitante et souvent plus soucieuse de l’image que des résultats. Pour quiconque espère débuter une carrière dans le transport routier—ou dans tout autre secteur—c’est une dure réalité. Promesses creuses, ressources inutilisées et méfiance envers les talents locaux sont les marques de l’environnement des affaires au Québec.

En bref, le Québec pourrait produire des professionnels compétents et gérer des entreprises prospères, mais sa culture, ses politiques et son état d’esprit corporatif le freinent. Des entreprises comme Transwest ne se sabotent pas seulement elles‑mêmes — elles font défaut à la prochaine génération de talents québécois.