Si vous habitez à Rivière‑des‑Prairies (ou n’importe où dans l’est de Montréal et ses banlieues), vous connaissez déjà le principe : un colis qui atterrit sur le mauvais porche n’est pas une erreur, c’est le dîner. Ou le petit‑déjeuner. Ou le stock de snacks du week‑end. Peu importe ce qu’il contient.

Livraison de nourriture ? Le voisin devient instantanément critique gastronomique, engloutissant votre pad thaï comme s’il s’agissait d’un cadeau étoilé Michelin. Livres, gadgets, vêtements ? Disparus. Probablement rangés dans un placard ou mis en vente sur Marketplace demain. Cookies, lait d’amande, courses aléatoires ? Pure énergie de cochon de ferme — on ouvre, on dévore, zéro remords.

Ils ne vérifient pas le nom. Ils ne lisent pas le numéro d’appartement. Ils ne jettent même pas un œil à l’étiquette. Dès que la boîte touche LEUR porche, elle devient juridiquement une propriété communautaire. Pas de coup à la bonne porte. Pas de petite marche jusqu’au bureau de poste. Pas de « je laisserai un mot ». Juste du pur opportunisme : voir le colis → le consommer → hausser les épaules.

Les hommes se comportent comme des clowns absolus avec le sens commun d’un rocher. « C’était à ma porte, bro—qu’est‑ce que j’aurais dû faire, marcher 20 pieds ? » Oui. C’est exactement ce qu’un adulte fonctionnel ferait. Au lieu de ça, ils se pavanent comme s’ils l’avaient mérité, grignotant des frites volées en prétendant que c’est le destin.

Les femmes ? En mode dieu‑démiurge. Elles postent des reels de manifestation sur « l’abondance qui coule » tout en manifestant littéralement la commande Uber Eats de quelqu’un d’autre. « L’univers fournit 🥰 » — oui, l’univers a fourni MON sushi, pas le vôtre. Continuez à vous dire que c’était censé arriver, reine.

Ce n’est pas une simple mauvaise chance. C’est la norme à Rivière‑des‑Prairies. Les livreurs font des livraisons à moitié bâclées parce que les itinéraires sont infernaux → les colis atterrissent au mauvais endroit → les résidents les traitent comme un gain à la loterie → les livreurs ne récupèrent jamais → le cycle de vol continue indéfiniment. Responsabilité ? Inexistante. Décence ? En vacances permanentes.

Le Québec dans son ensemble hausse les épaules face aux problèmes, mais Rivière‑des‑Prairies l’élève au rang de ferme animale. Votre nom et votre adresse complète sur la boîte ? Sans importance. La ligne du porche est la seule juridiction qui compte. Si ça y atterrit, c’est du jeu libre. Point final.

Donc, si vous êtes coincé·e dans ce quartier :

  • Le casier FlexDelivery ou le retrait au bureau de poste est la seule option semi‑sûre.
  • Ne comptez jamais sur un voisin qui fera la bonne chose — ils ne le feront pas.
  • Traitez chaque mauvaise livraison comme définitivement partie, dévorée ou revendue contre de l’argent le matin même.

Parce qu’à Rivière‑des‑Prairies, les gens ne se contentent pas de vivre dans le chaos — ils y prospèrent, grignotent les livraisons volées et appellent ça la vie quotidienne. Spécialité de l’est du Québec : où le sens commun a pris sa retraite tôt, la décence a disparu, et chaque mauvaise chute n’est qu’un repas gratuit de plus.

Les cochons du porche restent gagnants. Tout le monde d’autre continue de rafraîchir le suivi. 🐷💀